De l’harmonisation à la coproduction : une approche inéluctable mais pas toujours facile

Jeudi 13 juin 2013

Président de session : Joël Tignon, Conseil régional Nord-Pas-de-Calais

Même s’il restera toujours une part d’hétérogénéité dans les SIG, quels qu’ils soient, l’harmonisation est de plus en plus recherchée. Sans un minimum d’harmonisation, impossible de faire communiquer des SIG entre eux, de construire un savoir à plusieurs. La construction collective est également au cœur de la coproduction de données, de logiciels. Mais tout cela pose problème : modèle économique, montage juridique, compétences des géomaticiens, légitimité des intervenants, harmonisation technique, risque de focalisation sur certains types de données uniquement… Différents exemples, à toutes sortes d’échelles, permettront d’approfondir ce qui sera sans doute le défi de demain pour la plupart des géomaticiens.

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9h30-10h : Le principe de subsidiarité à la recherche du niveau pertinent d’action publique en matière d’information géographique par Yolène Jahard, IGN

La subsidiarité est un principe de démocratie, né avec l’union européenne et qui vise à placer les décisions au plus près des citoyens en agissant au bon niveau en fonction des sujets. L’information géographique représente par nature une compétence partagée puisqu’elle décrit des territoires continus, des phénomènes naturels qui n’ont pas de frontières ou encore des déplacements de populations à travers le monde. Il est donc pertinent de s’interroger sur la répartition des rôles en matière de production, de diffusion et d’exploitation des données géographiques entre l’Europe, les états et les différents acteurs publics locaux, d’autant plus que la spatialisation de l’information est en plein essor.
De la même façon, on peut se demander quel est le bon niveau de mise en œuvre et de suivi pour la directive INSPIRE et comment travailler efficacement ensemble à sa mise en œuvre en répartissant les tâches entre les différents niveaux ?
Agir moins pour agir mieux et vérifier dans la durée que les rôles sont bien répartis, tels sont les enjeux qu’il faut relever pour rationaliser la gestion de l’information géographique devenue si précieuse pour l’action publique.

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10h-10h30 : ERDF, de l’harmonisation à la coproduction dans un contexte industriel par François Le Devehat, ERDF

ERDF utilise des plans 1/200ème qui répondent au besoin de localisation précise des ouvrages enterrés et permettent aux exploitants d’intervenir sur les ouvrages et de localiser les défauts pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Cette cartographie de détail permet également de répondre aux déclarations de projet de travaux (DT) et Déclarations d’Intention de Commencement de Travaux (DICT) à proximité des ouvrages enterrés.
La session présentera le cadre industriel de production de ces plans, s’appuyant en particulier sur une gestion normée incluant un outil national, des marchés de prestations et une politique de contrôle.
Pour la mise en œuvre de cette cartographie «très grande échelle » de réseaux souterrains, ERDF s’appuie sur un fond de plan topographique spécifiquement levé à cet effet. Compte tenu du nouveau cadre législatif lié au décret DT DICT, ERDF voit une opportunité de pouvoir à terme se désengager de la gestion des fonds de plans Grande Echelle. Celle ci devra en effet être progressivement prise en charge par les collectivités locales. En se montrant proactif sur le sujet de la constitution des Bases de Données Urbaines, ERDF espère voir ces dépenses diminuer sur le long terme et en tout cas être enfin partagées.
Des démarches de mutualisation du fond de plan seront abordées en deuxième partie de la session et ERDF exposera ses réussites et difficultés rencontrées dans tous les aspects (organisation, technique, normalisation, juridique, …)

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11h30-12h : Le GIP ATGeRi : une expérience de 15 ans de mise en réseau, de production, de mise à jour et d’évolution d’un référentiel cartographique en commun avec ses membres par Loïc Watier, Groupement d’ Intérêt Public Aménagement du Territoire et Gestion des Risques (GIP ATGeRi)

Le GIP ATGeRi bénéficie de plus de 15 ans d’expérience de travail en interservices dans le domaine de la gestion des risques et de l’aménagement du territoire. Ce réseau né autour de la problématique forestière et notamment de la défense des forêts contre les incendies fédère une quinzaine d’acteurs (Etat, Région, les 5 Services Départementaux d’Incendie et de Secours d’Aquitaine, les Associations de Défense des Forêts Contre les Incendies et l’Office National des Forêts …) autour d’une cartographie partagée et mise à jour en continu.
La mise en œuvre de ce référentiel mais aussi son évolution nécessitent la concertation des différentes parties prenantes autour de leurs métiers respectifs mais également de leurs outils internes afin d’arriver à un consensus permettant d’aboutir à une description du territoire plus précise tout en mutualisant sa production et son entretien.
Ainsi cette concertation et mise en réseau a été appliquée à différentes problématiques dont celle de la reconstitution forestière suite à la tempête du 24 janvier 2009 avec la mise en œuvre, sous l’impulsion de la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt d’Aquitaine, du Conseil Régional d’Aquitaine et de la filière forêt-bois-papier, d’un Observatoire de la reconstitution forestière permettant le suivi cartographique du Plan Chablis.

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12h-12h30 : Service WEBSIG D.E.C.I. 85: coproduction et mutualisation des pratiques par Vincent Deshoux, Géo Vendée

À partir de 2008, une réflexion commune a été menée par le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Vendée, Vendée Eau le Syndicat Départemental d’Alimentation en Eau Potable et Géo Vendée pour la mise en place d’un service WEB SIG de suivi des points d’alimentation en eau pour la Défense Extérieure Contre l’Incendie. Ce service a pour objectif d’obtenir une seule base de données localisée, à jour et partagée entre différents acteurs. Le service est en phase opérationnelle depuis juin 2012.
Derrière l’efficacité patente de cette coproduction de données se cachent des écueils organisationnels et techniques qu’il a fallu surmonter :
-       harmonisation des bases de données (planning, difficultés techniques,..),
-       adéquation et évolutivité de l’outil choisi,
-       gestion des acteurs : profils, rôles et besoins hétérogènes,
mais aussi et surtout des bénéfices inestimables au service de tous :
-       partage des ressources (outil et données),
-       partage des connaissances (thématiques et géomatiques),
-       vulgarisation et diffusion normalisée au plus grand nombre de données jusqu’ici cantonnées à des services experts.
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14h-15h : Grand témoin : Intelligence et numérique par Milad Doueihi, université Laval (Québec)

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15h-15h30 : Coproduire sans appauvrir… comment gérer la diversité des points de vue ? Proposition à partir de l’exemple de la TVB en région bocagère par Matthieu Noucher (ou autre membre de l’équipe AMELI), Laboratoire ADES (CNRS / Université de Bordeaux)

Le projet AMELI propose une méthode participative et multi-échelles pour la prise en compte du bocage et des lisières  dans la réalisation de la trame verte et bleue (TVB) de la Région Poitou-Charentes, à partir de l’exemple du bocage bressuirais (Nord Deux-Sèvres).
L’enjeu est :

  • scientifique : identifier et caractériser l’efficacité des continuités écologiques des réseaux de lisières et de haies dans les paysages agricoles de la région Poitou-Charentes qui constitue un espace d’intérêt national et européen pour la connexion des bocages atlantiques de l’ouest et du centre de la France.
  • social : expérimenter sur la base d’analyse de cas concrets une démarche de concertation adaptable à d’autres contextes en proposant une co-construction de savoirs sur la biodiversité bocagère avec des scientifiques et des habitants d’un territoire afin de faciliter l’appropriation locale de la démarche TVB et faciliter sa transposition dans les documents d’urbanisme (PLU et SCOT).
  • politique : explorer les principes et les méthodes qui pourraient être introduits pour la prise en compte de la TVB dans les documents de planification pour mieux relier sa réalisation entre l’échelon local et l’échelon régional.

L’approche qui sera présentée ici se focalise, dans un premier temps, sur une déconstruction des bases de données existantes (en mobilisant des entretiens, une enquête photo et des données de télédétection) pour produire des unités spatiales élémentaires. Ces dernières sont ensuite reconstruites (assembler) dans le cadre d’ateliers de cartographie participative sur la base des différentes représentations des acteurs et des besoins opérationnels.
La méthode proposée vise, par un double mouvement (de l’individuel au collectif / de la vue du dedans à la vue du dessus) à mettre en place un processus de coproduction de données géographiques basé sur la confrontation des points de vue.

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15h30-16h : La collaboration logicielle dans l’open source par Vincent Picavet, Oslandia

Créer un logiciel est une tache complexe requérant l’intervention de multiples personnes : développeurs, traducteurs, testeurs, rapporteurs de bugs… Les équipes de développement ont historiquement été intégrées dans une même structure, l’éditeur du logiciel. On voit cependant de plus en plus de processus de co-création logicielle, et le mouvement opensource est au coeur de ces méthodes de création collective.
Cette présentation montre par l’exemple comment un projet est développé par une équipe qui est distribuée géographiquement et venant de pays et d’organismes divers. Comment s’effectue la communication, qui prend les décisions, comment écrit-on du code ensemble, fait on la traduction, corrige-t-on des bugs, et comment livre-t-on de nouvelles versions, ce sont les questions à laquelle nous répondrons, en prenant un exemple concret de logiciel libre.
Cette présentation contiendra également un compte-rendu du codesprint qui se sera déroulé pendant les trois jours de la conférence, à l’ENSG.

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17h-17h30 : OSM : les outils pratiques au service de la coproduction et présentation des résultats de l’expérience menée pendant les Rencontres.

Bilan des intégrations de données apportées à l’ »open data bar » d’OpenStreetMap France durant ces rencontres. Un bilan plus général des apports de l’opendata en France à OpenStreetMap sera fait ainsi que le retour suite à leur intégration par les contributeurs. Quelles sont les perspectives et les collaborations à venir ?

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17h30-18h : Débat avec la salle

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