La carte ? Un objet social en perpétuelle évolution
Mardi 17 mai
Salle Polyvalente (150 places)
La carte ? Un objet social en perpétuelle évolution (10h-15h30)
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La carte n’est jamais figée. Les règles d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui et seront sans doute obsolètes demain. Chaque pays a ses cartes, ses représentations. A travers des exemples venus de différentes sphères, nous tenterons une incursion dans la grande aventure de la carte.
Président de session : Thierry Joliveau (CRENAM, Université de Saint-Etienne)
10h-11h : Le monde en cartes : la cartographie comme outil de lecture de l’actualité, par Frank Tétart, rédacteur en chef de la revue Carto
Présentation : Lancé en juillet 2010, Carto a pour ambition d’appréhender les grands événements du monde, à travers une grille de lecture cartographique et une approche pédagogique. Comme son nom l’indique, il est entièrement basé sur les cartes, et offre ainsi une autre façon de voir et de comprendre l’actualité. Nous présenterons quelques exemples issus de l’actualité de ces derniers mois. La présentation (environ 40 mn) sera suivie d’un débat avec la salle
11h-11h30 : Pause
11h30-12h30 : Naissance et évolution de la carte Michelin au 1/200 000, par Philippe Sablayrolles, Michelin
Résumé : En 2010, MICHELIN a célébré le centenaire de la carte de France au 1/200 000. Pourquoi une entreprise fabriquant des pneumatiques à Clermont-Ferrand a-t-elle jugé bon de se lancer dans la cartographie ? À quoi ressemblaient les premières cartes ? La carte peut-elle encore se défendre ? De 1910 à nos jours, la carte MICHELIN, en façonnant les habitudes de lecture de millions de Français a évolué et s’est réinventée sans cesse. Sans passer en revue toutes les collections, un petit voyage dans le temps vous est proposé au travers d’un itinéraire cheminant sur ces images familières. Un voyage dans l’évolution des 5 générations qui ont jalonné les 100 ans de la carte de France au 1/200 000 vous permettra de découvrir les changements qui ont accompagnés sa longue vie, mais aussi ce qui n’a pas changé, ainsi que les techniques utilisées pour dessiner les différentes séries, mais aussi les innovations de la Centenaire
12h30-14h30 : Pause / Déjeuner
14h30-15h : La carte, fil conducteur d’une démarche de réflexion et d’appropriation collective d’un territoire : Analyse systémique régionale du Limousin par Sara Reux, DREAL Limousin et Anne Bailly, AEBK
Résumé : Comment construire une vision partagée du territoire avec des agents des différents services de l’Etat aux cultures et aux pratiques différentes ? Comment nouer un dialogue concret et constructif sur des problématiques de territoire ? Comment utiliser les données SIG pour nourrir des cartes d’enjeux ?
De septembre 2008 à mars 2009, les services régionaux et départementaux de l’Etat en Limousin (DRE, DIREN, DRIRE, DRAAF, DDE(A), INSEE) ont choisi de travailler avec le bureau d’étude aebk pour construire leur diagnostic systémique régional. AEBK utilise la traduction cartographique comme fil rouge de la réflexion. Dans cette démarche, les cartes ne sont pas de simples outils d’illustration ou de communication. Elles alimentent la réflexion, incitent au questionnement, obligent à hiérarchiser et territorialiser le discours, aident à mieux comprendre la complexité territoriale, permettent de différencier les espaces pour définir des stratégies de développement spatialisées. La confrontation des idées et des données retranscrites sur des cartes a conduit à préciser spatialement les dires portés par chacun, à lever les ambiguïtés et ainsi construire une vision partagée du territoire.
15h-15h30 : Comment les grands peintres peuvent nous aider à faire de meilleures cartes ? Par Sidonie Christophe, COGIT (présentation de thèse)
Résumé : Aujourd’hui tout le monde peut créer une carte grâce aux outils à disposition sur Internet. Il ne suffit cependant pas de savoir se servir de ces outils pour faire une « bonne » carte. Il s’agit en effet pour celui qui crée la carte de faire passer correctement un message cartographique : celui-ci correspond à un besoin particulier et doit être lisible et compréhensible par le public visé. Or nous notons que beaucoup de cartes conçues actuellement sont parfois illisibles ou difficilement compréhensibles. En particulier, les utilisateurs usent et abusent souvent des couleurs : elles peuvent paraître inadaptées, trop agressives, mal associées, perturbant ainsi la lecture et la compréhension de la carte par les personnes susceptibles de la lire. L’utilisation des couleurs en cartographie est un problème plus complexe qu’il n’y paraît.
Dans mon travail de thèse, je me suis intéressée spécifiquement aux choix des couleurs en cartographie, tant pour les cartographes novices que les experts. J’ai choisi d’utiliser des peintures célèbres comme sources d’inspiration : il est en effet possible d’en extraire à la fois des palettes de couleurs et des usages spécifiques de ces couleurs. A partir d’une peinture, le cartographe sélectionne des couleurs et les applique aux données géographiques représentées, en respectant des usages du peintre – proportions, distributions, contrastes — ou en respectant des usages cartographiques — conventions, contrastes. J’ai développé une application, ColorLegend, qui permet de tester ces différents usages sur des jeux de données géographiques et d’obtenir des cartes très variées. Il s’agit maintenant de réfléchir à l’adéquation entre le besoin et l’intention du cartographe, le public visé, le phénomène géographique représenté et les usages spécifiques de couleurs. Cette thèse participe aux travaux de recherche sur la construction et la compréhension du message cartographique.