Les territoires face aux déplacements

Mardi 3 avril 2012 matin et après-midi

Président de session : Lionel Henry, Bentley Systems

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11h-11h30 : Analyse des déplacements des objets mobiles : définition de comportements types par Thomas Devogele, Université de Tours

Chercheur-universitaire

Les systèmes de géolocalisation permettent la surveillance en temps réel des déplacements d’objets mobiles. Ces systèmes génèrent cependant des volumes de plus en plus conséquents de données spatio-temporelles difficiles à analyser à la volée par un opérateur humain. Cette problématique entraîne de plus une surcharge cognitive nuisant à la détection d’objets ayant un comportement inhabituel. Néanmoins, le stockage de l’historique des trajectoires de ces objets mobiles dans des bases de données offre des perspectives nouvelles quant à l’analyse des comportements sous- jacents.

Cette intervention présentera :
-       différents systèmes de suivi d’objet mobiles (animaux, véhicules terrestres, navires, piétons,…)
-       des méthodes d’extractions de trajectoires types (profils de déplacements),
-       des méthodes d’appariement en temps réels d’une trajectoire à une trajectoire type,
-       de qualification de trajectoires en temps réels.

Ces techniques issues de la fouille de données  partent du postulat que les objets de même type suivant un itinéraire commun ont un comportement optimisé en termes de temps, de coût et de sécurité.


11h30-12h : La géomatique au service des personnes à mobilité réduite : intérêt et contraintes – Exemples de réalisations par Alain Prallong, REALIA

Consultant-observateur

Dans nos sociétés, dites modernes, la prise en considération des problématiques liées aux déplacements des personnes souffrant d’un handicap, notamment moteur mais pas seulement bien sur, et la facilitation de leur accès aux services constituent des impératifs et des obligations encadrées par la loi. Des expériences d’utilisation des technologies, en particulier de la géomatique, pour favoriser les déplacements des personnes à mobilité réduite (PMR) ont été réalisées par divers organismes, des collectivités locales souvent. Ces réalisations constituent des avancées notables qu’il convient d’encourager et d’exploiter comme des bases pour aller encore plus loin. En effet, l’écart entre la situation actuelle et celle qu’il faudrait raisonnablement atteindre est encore trop important. Dans son propos, l’orateur après avoir résumé l’état des réalisations citées, exposera de manière succincte une des problématiques, celle relative aux PMR, et ouvrira des voies de travail pour le développement d’applications exploitant des SIG. Comment utiliser au mieux les NTIC en général et la géomatique en particulier ? Que peut-elle apporter ? Quelles sont les limites, les contraintes ?

REALIA SIG PMR Fiche Avantage V2

REALIA SIG & PMR Fiche CG94 V2

REALIA SIG & PMR Fiche PdeLoire

REALIA SIG & PMR Fiche projet ACCESSIG

12h-12h30 : La Région Rhône-Alpes locomotive de l’éco-mobilité par Frédéric Adé, Conseil régional Rhône-Alpes

Utilisateur-Retour d'expérienceLa Région Rhône-Alpes a, dès 2006, inscrit l’écomobilité au cœur de sa politique de transport. Son objectif au départ était double : accroître le potentiel de rabattement vers les trains TER et coordonner les projets d’éco-mobilité de ses partenaires. Cette politique ambitieuse associée à des moyens financiers importants (5 millions d’euros annuels), a permis de renverser la vapeur et de sortir la question de l’éco-mobilité de son carcan militant et idéologique initial. Aujourd’hui, 70 projets sont soutenus et accompagnés chaque année : accès à l’information, plate-forme de co-voiturage, carte tarifaire unique, base de données partagées… L’éco-mobilité se pose désormais comme une alternative crédible au transport individuel et même collectif. Le co-voiturage apporte des réponses tangibles à la précarité énergétique des ménages les plus éloignés des centres urbains, crée du lien social et même des emplois.
Cette conférence présentera une synthèse de l’action d’une collectivité régionale ayant cinq ans d’expérience dans le domaine de l’écomobilité. Des exemples concrets, et forcément cartographiés, illustreront différentes réalisations conçues comme des réponses aux problématiques de co-voiturage, de déplacements multimodaux ou de transports en mode doux.


12h30-13h : Quand le SIG devient indispensable à la réussite d’évènements internationaux majeurs. Le cas de la Fête des Lumières à Lyon. http://www.fetedeslumieres.lyon.fr/ par Paul Le Corre, Ville de Lyon

Utilisateur-Retour d'expérience

Chaque 8 décembre, lors de la fête des lumières, les lyonnais descendent se promener dans la ville alors embrasée de milliers de lumignons et animée par des spectacles originaux dans l’ensemble des quartiers. Ces illuminations constituent une tradition fortement ancrée dans la vie de la cité et attire chaque année des millions de visiteurs venant du monde entier.
Au cours des années, le SIG de la ville a été de plus en plus étroitement mobilisé pour l’organisation et la communication autour de cet événement.  Nous verrons comment s’est effectuée cette mobilisation et avec quels résultats : Édition de plans pour les équipes d’organisation puis passage en Intranet avec un circuit à chaud de mise à jour des informations, plans papiers, site Internet (http://www.fetedeslumieres.lyon.fr/) et mobile pour les visiteurs.

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13h-14h : Pause Déjeuner

15h-15h30 : L’analyse d’enquête origine-destination à l’aide d’application géodécisionnelle par Marie-Josée Proulx, INTELLI3

Industriel-entreprise

Afin de faciliter l’analyse et diffuser les enquêtes origine-destination sous une forme dynamique, le Ministère des Transports du Québec s’est doté d’une plateforme géodécisionnelle (spatial OLAP). Par le passé, le Ministère rendait disponibles sur son site Internet des plaquettes d’information (sous format Excel) décrivant les résultats sommaires des enquêtes ainsi qu’un rapport d’analyse complet.  L’analyse de ces plaquettes d’information était peu conviviale et malheureusement, les résultats sommaires ne pouvaient pas couvrir l’ensemble des analyses possibles dans un tel jeu de données.
C’est pourquoi le Ministère souhaitait disposer d’une nouvelle façon d’analyser et de diffuser ces informations à un plus large public. Depuis 2010, la publication des données se fait dans un environnement analytique et cartographique qui permet d’obtenir rapidement un portrait clair des flux de transport en facilitant la compréhension des phénomènes et supportant efficacement la prise de décision. L’application permet une navigation cartographique conviviale et supporte les phénomènes tant au niveau global qu’au niveau détaillé. Un accès Intranet à cette solution permet de diffuser plus largement les enquêtes et de répondre plus efficacement aux requérants qui, autrement, demandent de façon ad hoc les analyses souhaitées et par conséquent, doivent accepter un délai de traitement associé. Dans cette présentation, nous discuterons des problématiques spatio-temporelles rencontrées, des étapes de structuration des données, des fonctionnalités spécifiques développées et des bénéfices qu’apporte une telle solution.


15h30-16h : Exploiter le contenu séquentiel et temporel des enquêtes ménages déplacements par Hadrien Commenges, Geographie-Cités

Chercheur-universitaireLes enquêtes ménages déplacements produisent une information séquentielle : un déplacement peut être vu comme une séquence d’étapes, une boucle comme une séquence de déplacements, une journée comme une séquence de déplacements et/ou d’activités. De plus en plus de travaux prennent en compte cet aspect séquentiel ainsi que la dimension temporelle de ces séquences pour étudier l’intermodalité, le chaînage des déplacements, les patrons d’activités, etc. Cependant, le champ des études de mobilité est mal doté en termes de méthodes d’analyse séquentielle, d’où l’intérêt d’importer des outils d’autres disciplines rompues à ce type d’analyse. Les démographes ont depuis longtemps construit un corpus d’outils permettant de décrire des séquences marquées par des évènements ou des changements d’états. Il s’agit des étapes qui constituent des trajectoires professionnelles, des trajectoires résidentielles ou familiales. La plupart de ces outils sont transposables aux études de mobilité quotidienne et parfaitement adaptées à l’exploitation des enquêtes ménages déplacements.

Dans cette présentation, je propose une méthode à la fois simple et systématique pour une analyse séquentielle et temporelle du contenu des enquêtes ménages déplacements. Cette méthode utilise les outils développés par les démographes pour l’analyse longitudinale des donneés, implémentés dans le package TraMineR du logiciel R.


16h-17h : Pause – Visite des stands

17h-17h30 : La desserte en transport collectif des territoires urbains.
 De la connaissance générale des différences d’offre, à la connaissance appliquée à visée opérationnelle par Jean-Paul Birchen, CERTU

Utilisateur-Retour d'expérience

Les SIG sont certainement les systèmes les plus adaptés pour répondre à des interrogations sur la desserte d’un ensemble de territoires.
Aborder ces questions sous l’angle des transports collectifs nécessite de traiter une base géoréférencée pour calculer des indicateurs de l’offre de transport. La qualité des données et les choix effectués lors de la construction des indicateurs conditionnent les approches possibles.

Des indicateurs de desserte ont ainsi été élaborés à partir des informations géométriques et sémantiques d’une base de données nationale sur les transports collectifs. Ils permettent une analyse de l’offre de transport sur des regroupements de territoires. Une avancée significative des connaissances à cette échelle en résulte.

Cependant en matière d’aide à la décision, il est nécessaire de travailler aussi sur des espaces particuliers, sur lesquels s’exerce concrètement l’action des pouvoirs publics.

Dans un objectif plus opérationnel, les données de chaque espace sont ainsi comparées aux valeurs moyennes des regroupements afin d’identifier les situations déficitaires qui pourraient faire l’objet d’interventions correctrices. En l’occurrence, les dessertes les plus faibles font l’objet d’une attention particulière.

Ces dessertes sont situées dans les premiers centiles de la distribution des valeurs. Or, on le sait, les extrémités d’une distribution concentrent souvent les informations les plus fragiles, du fait des données même, ou bien en raison des choix de construction des indicateurs.
La qualité des données d’une base géographique et les indicateurs qui en sont extraits peuvent donc parfaitement convenir pour analyser globalement un phénomène et cependant présenter des limites nécessitant des contrôles détaillés lorsqu’il s’agit de repérer des situations unitaires spécifiques.
Distinguer et préciser les divers types de besoins qui motivent le traitement de données géographiques apparaît une fois encore comme un préalable à la définition de la qualité attendue des données et des indicateurs qui seront calculés.


17h30-18h : Révéler les structures urbaines à partir des communications mobiles par Julie Fen-Chong, UMR Géographie-Cités, Orange Labs, Joël Boulier, Hélène Mathian, UMR Géographie-Cités et Ana-Maria Olteanu-Raimond, Orange Labs

Chercheur-universitaire

Issues de toutes sortes de capteurs : puces Rfid, sites de réseaux sociaux, sites de partage de photographies,… On assiste aujourd’hui à l’explosion de la masse de données numériques disponibles. Ces données remettent l’individu au coeur des systèmes d’observation. Mais que peut-on attendre d’elles pour améliorer la connaissance en particulier sur les pratiques spatiales des individus ? Nous proposons une exploration des questions qui peuvent se poser lorsqu’on utilise des données géolocalisées issues de la téléphonie mobile pour analyser les mobilités quotidiennes des personnes, par exemple à l’échelle d’une agglomération.
Notre objectif est de présenter une méthodologie adaptée au traitement de ces données hétérogènes, a priori non dédiées à une question précise, afin de comprendre les interactions entre les pratiques de mobilité et l’organisation de l espace urbain.

Afin d’exploiter au mieux ces données collectées de manière passive par l’opérateur, il est essentiel de trouver un compromis entre des données de localisation ponctuelles, ayant une granularité spatio-temporelle variable, et les concepts permettant de comprendre la mobilité urbaine. Les traces des usagers de téléphonie mobile, si elles apportent une information parcellaire sur les pratiques des individus, nous permettent en revanche de révéler les structures spatio-temporelles de l’espace urbain, structures qui en retour contraignent fortement les mobilités.

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