Territoires cherchent indicateurs pertinents

Mercredi 12 juin 2013

Président de session : Henri Pornon, IETI Consultants

Comment construire de bons indicateurs de l’évolution territoriale ? Quelles données, quels traitements, quels usages mais aussi quels contrôles sur la qualité des analyses et sur leur utilisation afin d’éviter que les indicateurs ne deviennent des « indictateurs » ? Entre retours d’expériences et réflexions théoriques, cette session vous donnera des clés pour assurer la pérennité de vos observations.

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9h30-10h : L’indicateur ou comment faire simple quand on a toujours fait compliqué ? par Grégoire Feyt, Laboratoire PACTE-Territoire-Grenoble

Qu’est ce que l’injonction croissante de production d’indicateurs change à la pratique des professionnels de l’information territoriale ? Soit pas grand-chose soit un peu tout, suivant la conception que l’on se fait de la notion d’indicateur. Celui-ci peut en effet être conçu comme un « sous-produit » supplémentaire des bases de données, un dérivé plus communiquant ou customisé des traitements statistiques usuels ; mais il peut aussi être appréhendé comme une expression de la « réalité » territoriale guidée par l’usage, c’est-à-dire dans l’élaboration de laquelle les capacités et les modalités de réception et de décryptage par les destinataires effectifs pèsent au moins autant que les principes techniques.
Si la pratique se situe forcément à mi-chemin entre ces deux postures, ce questionnement autour des indicateurs renvoie plus largement à un réel changement de paradigme s’agissant de l’information territoriale, mutation dont la prolifération des observatoires de toute sorte constitue le premier (au sens chronologique) marqueur mais qui n’a sans doute pas fini d’en interpeller en profondeur les pratiques professionnelles et les approches scientifiques.
Cette communication se propose ainsi de revisiter une enquête réalisée en 2011 sur les observatoires territoriaux pour le compte de la DATAR (E.Roux, G.Feyt, Documentation française, 2012) sous l’angle de ce qui constitue souvent leur finalité ou tout au moins la justification de leur création, à savoir la production d’indicateurs.

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10h-10h30 : Quels indicateurs pour quel projet de territoire ? La preuve par l’absurde par Jean-Paul Gachelin, SIRS

Ou comment une mauvaise exploitation de la donnée peut fausser les analyses d’un territoire
Ces derniers temps, les données géographiques se sont multipliés, les producteurs ouvrent leurs fonds et les rendent accessibles. Il est donc aisé de disposer régulièrement d’informations géographiques diverses et variées sur son territoire. Les outils actuels permettent ainsi de croiser simplement et rapidement ces données et d’en extraire des indicateurs.
L’état, les collectivités demandent aux territoires des suivre finement les dynamiques et de proposer des objectifs précis à court et long terme sur l’aménagement ou la gestion de leur territoire (maitrise de l’urbanisation, maintien des zone humides, renouvellement urbain, déprise agricole…)
Le SIG en tant qu’outil d’aide à la décision trouve ici pleinement son utilité et permet en croisant ces données de fournir pléthore d’indicateurs sur l’état actuel ou les tendances à venir du territoire pour tel ou tel thématique.
Ces indicateurs sont donc importants puisque bien souvent c’est sur ces indications que vont s’orienter des stratégies ou des politiques de territoires sur le long terme.
Au-delà du choix des indicateurs il convient de comprendre ce qu’on analyse et donc sur quelles données (méthode, répétitivité, qualité, fiabilité,..) est fait ce travail.
Ainsi certains utiliseront CLC pour établir des profils communaux. D’autres croiseront des données d’occupation du sol avec des données d’artificialisation pour suivre la tâche urbaine. Certains utiliseront le RPG pour établir le profil agricole de leur territoire,…
Il arrive qu’on analyse alors des différences de méthodes plutôt que des dynamiques de territoire.
Cette proposition de  présentation est accès sur quelques cas concrets qui illustrent ces écueils et qui posent les règles préalables avant de générer des indicateurs.

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11h30-12h : Quels indicateurs pour l’analyse de la consommation foncière ? par Pierre Albert, AMENIS

Les lois issues du Grenelle de l’Environnement (loi ENE en particulier) réaffirment la nécessité de promouvoir une gestion économe de l’espace, et renforcent, à cet effet, le rôle des documents d’urbanisme.
La loi ENE dispose en particulier que les Schémas de cohérence territoriale (SCoT) et les Plans locaux d’urbanisme (PLU) devront présenter, dans leur rapport de présentation, une analyse de la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers, et fixer des objectifs de limitation de cette consommation.
A l’échelle d’un SCoT, l’analyse doit porter sur les dix années qui précèdent l’approbation de celui-ci, et des objectifs chiffrés peuvent être ventilés par secteur géographique.
Quels indicateurs utilisés ? Quelles données mobilisées ? Quels coûts pour développer ces indicateurs ? Quelle reproductibilité dans le temps ? …
Cette présentation s’appuiera sur plusieurs études que nous menons sur ce sujet pour des SCOT (Scot Dijon, Scot Nevers, …) mais aussi sur une AMO pour la DREAL MP sur cette question.
L’idée serait de partir de la donnée (BD Topo, MAJIC, Ortho ou images satellites, …) et de montrer les différents résultats que l’on peut obtenir avec leurs avantages et inconvénients : temps de constitution des indicateurs, reproductibilité, couts, … Et bien sûr en quoi ils permettent de répondre ou non à la loi.

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12h-12h30 : L’observatoire francilien des territoires: Cartographie dynamique des indicateurs de la biodiversité en Île-De-France par Nicolas Bozon, Cartogenic sarl

Natureparif, agence pour la nature et la biodiversité en Île-De-France, a pour objet de mettre en place et de gérer un système d’observation sur les écosystèmes et leur évolution, et de constituer un outil d’analyse et de suivi permanent permettant notamment d’éclairer les politiques publiques quand à la conservation du patrimoine naturel et à la protection de la biodiversité en Région.
Dans ce sens, Natureparif met en place un observatoire francilien des territoires accessible à tous sur Internet. Ce dernier a pour but de diffuser les informations sur la nature et les indicateurs de la biodiversité par unité territoriale, de comparer ces unités entre elles, et de fournir des cartes et des rapports détaillés. Cet observatoire repose sur une base de données regroupant indicateurs statistiques et données géographiques.
L’observatoire francilien des territoires est une plateforme Internet à code source ouvert permettant de construire, de cartographier et de publier les indicateurs de la biodiversité, par thématiques et par territoires. Son fonctionnement est assuré par un ensemble de Services Web génériques permettant de traiter et de restituer l’information sous forme de cartes, de graphes, de tableaux ou de documents.
Cette conférence présente les aspects méthodologiques et techniques de la mise en place de l’observatoire francilien des territoires. Les problématiques relatives au calcul et à la représentation spatiale des indicateurs de la biodiversité seront discutées et les solutions informatiques mises en œuvre seront expliquées.

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15h-15h30 : L’observation au service des territoires par Karim Hadjali et Audrey Taviaux, Conseil Général du Pas-de-Calais

L’observatoire des territoires du Département du Pas-de-Calais est né en 2009. Il est issu en premier lieu du besoin des territoires d’intervention d’obtenir un socle de données et d’indicateurs communs et fiables pour réaliser les diagnostics territoriaux dans le cadre de la politique de contractualisation mise en place par le Département avec les intercommunalités. Rapidement, il a été sollicité par les directions thématiques (transport, sport, lecture…) pour la réalisation de schémas, d’états des lieux…
L’observatoire des territoires traite des données de contexte de différentes sources : INSEE (CC, tableaux détaillés, flux et détails anonymisés), Etat (Sitadel, DGFIP)… en composant des indicateurs issus de données brutes mais également de calculs spatiaux (occupation du sol, isochronie…)  en vue de leur représentation cartographique et de leur mise à disposition aux chargés d’études.
Il réalise, également, des fiches méthodologiques qui aident l’utilisateur de ces indicateurs à leur lecture et compréhension.
L’ensemble des ressources de l’observatoire des territoires est accessible via un portail collaboratif : le site de l’Observatoire des Territoires (Alfresco), qui comprend entre autre une cartographie dynamique (Dynmap), un outil de consultation des données et indicateurs (QlikView) et des ressources documentaires (études, supports, schémas…).
Il permet aux chargés de mission qui réalisent des diagnostics, états des lieux, schémas… d’accéder à un socle d’indicateurs qui peuvent être agrégés facilement pour leurs zones d’études et d’alimenter leurs analyses.
L’observatoire des territoires joue, de plus en plus, un rôle de conseil et d’appui auprès des directions du département. Se faisant, une culture du travail mutualisé et multidisciplinaire se met en place avec comme corollaire l’acquisition de nouvelles données thématiques en vue de la composition de nouveaux indicateurs répondant aux besoins métiers de ces directions.
De nouveaux indicateurs sont alors créés à façon, en fonction des besoins et des thématiques. Ces travaux étoffent ainsi l’offre disponible sur le portail.
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15h30-16h :  Une plateforme de modélisation de l’accessibilité multimode au service d’une mobilité intelligente (Grand Lyon) par Nicolas Ovtracht, Laboratoire d’Économie des Transports

Le projet OPTIMOD (financement AMI-ADEME) est porté par le Grand Lyon qui souhaite aider les habitants à optimiser leurs comportements de mobilité. Les déplacements domicile-travail dans les grandes agglomérations européennes, effectués principalement en mode véhicule particulier, sont sources de stress, de fatigue et de pollution due notamment à la forte congestion automobile aux heures de pointes. L’objectif d’OPTIMOD, est de développer des conseils de mobilité à travers le calcul d’indicateurs d’accessibilité, de montrer ainsi qu’il est possible de se déplacer de manière intelligente en tenant compte des principes du développement durable.
Les indicateurs d’accessibilité sont calculés à l’aide de la plateforme de modélisation MOSART (Modélisation et Simulation de l’Accessibilité aux Réseaux et aux Territoires). Cette plateforme est composée d’un modèle de transport associé à un SIG et une application webmapping. Elle permet la modélisation et le calcul d’indicateurs d’accessibilité dans les différents modes : véhicules particuliers, transport en commun, TER, vélo et vélos avec assistance électrique. Nous voulons montrer qu’il est possible de se déplacer en combinant plusieurs modes ou en modes doux dans l’agglomération lyonnaise en période de pointe de manière intelligente. La plateforme MOSART, s’appuie pour le webmapping sur les données IGN (Api du Geoportail) et la solution CartoVista pour visualiser de manière dynamique les résultats des modélisations d’indicateurs d’accessibilité.

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16h16h30 : La base OCcupation du Sol Grande Echelle Nationale – un outil pour l’évaluation de la consommation d’espace par Thierry Touzet, IGN

Début 2012, l’IGN a lancé le projet de production d’une base de données d’occupation du sol grande échelle nationale homogène sur l’ensemble du territoire national. L’IGN en tant qu’institution nationale doit être garant du continuum national tout en assurant un emboîtement local/régional/national. La couche OCS GE nationale a pour objectif le suivi de l’évolution de l’occupation des sols pour la production d’indicateurs fiables, homogènes et comparables sur l’ensemble du territoire. La présentation décrira les spécifications et les définitions utilisées pour la couche OCS GE pour une description communes des territoires. Elle détaillera également le processus de production d’un outil de mesure homogène s’appuyant sur le référentiel à grande échelle RGE® et maintenant une cohérence temporelle (notion de millésime) pour les mises à jour.

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Mots clés + dans les catégories Rencontres 2013, Conférences 2013, Rencontres 2013

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