Comment gérer et diffuser des données historiques dans un SIG ? (jeudi 6 mai)

Photographies anciennes (aériennes ou pas), cadastre napoléonien, plans d’archive divers… de nombreux documents peuvent désormais être numérisés et viennent enrichir les SIG, apportant un regard précieux sur la passé, sur la constitution du territoire… Comment modéliser l’évolution d’un bâti ? Comment organiser ces données afin d’en explorer toutes les dimensions ? Quelles analyses peuvent-elles alimenter ? L’histoire est un domaine où chercheurs, entreprises et collectivités collaborent activement, comme nous l’ont montré les intervenants de cette journée.

Président de session : Yves Roynard, RATPJeudi 6 mai, après-midi

Texte disponible14h00-14h30 : Construire une base de données historiques et l’exploiter à l’aide d’un SIG : renouvellement d’une démarche traditionnelle par l’introduction de nouvelles méthodes par Jacques Autran, Ecole d’architecture de Marseille

C’est en l’illustrant par la présentation de deux territoires urbains (Ville d’Arles , centre-ville de Marseille) que nous exposerons la mise en œuvre et l’exploitation, en 1997 et 2001, de bases de données historiques utilisant  le  SIG courant MapInfo. Volontairement orientées vers l’emploi des fonctions offertes par un SIG « commercialisé », plusieurs méthodes d’élaboration seront présentées et comparées. Celle que nous avons choisi a fait l’objet du développement d’une application complémentaire à MapInfo, réalisée dans le langage de développement MapBasic, facilitant la réalisation d’opérations courantes (productions de cartes d’états, de transformation, …etc.).
Le travail présenté est reconsidéré aujourd’hui à la lumière d’une recherche conduite dans le cadre de l’Observatoire Homme Milieu portant sur l’évolution du bassin minier de Provence (http://www.ohm-provence.org, http://eccorev.cerege.fr, http://www.cnrs.fr/inee/recherche/infrastructures-ohm.htm). Plus largement, l’intégration des archives numérisées dans un SIG est étudiée dans l’optique d’un appui à l’enseignement et  à la recherche (ENSA Marseille) ainsi que dans le champ de la pratique opérationnelle (visée régionale au sein du CRIGE-PACA).

14h30-15h00 : Lissage Spatio-temporel des données de population par François Sémécurbe, Insee

L’insee dispose des bases du recensement de la population depuis 1962. Néanmoins pour un certain nombre de régions nous avons des données historiques (>1789) issues des dénombrements de la population. Souvent cette information est peu exploitée faute de méthode adaptée.
Afin de compenser ce manque, nous avons développé une représentation dynamique de la population. Nous calculons une estimation de la population pour chaque commune de la région entre toutes les dates intercensitaires. Ainsi pour PACA, nous estimons la population communale annuelle entre 1876 et 2006. Pour chaque année, nous calculons une carte lissée de population. Ensuite nous créons le film en mettant à la suite les images.
Cette technique permet de relativiser les phénomènes récents de périurbanisation à la lumière d’une observation historique de l’exode rural. http://www.insee.fr/fr/insee_regions/provence/paca1876.zip

Texte disponible15h00-15h30 : GEOTOPIA – Géo-référencer pour transmettre, organiser, partager et interpréter des données d’archives, par Thierry Joliveau, CRENAM

Le projet GEOTOPIA – Géo-référencer pour transmettre, organiser, partager et interpréter des données d’archives – a pour objectif de développer une plate-forme expérimentale en ligne conçue pour le partage et l’enrichissement collaboratifs de données d’archive : http://geotopia.makina-corpus.net/.
GEOTOPIA est développé par le CRENAM – ISIG UMR 5600, le LIUPPA et la société Makina Corpus et financé par le TGE Adonis dans le cadre d’une réflexion autour d’un accès unifié aux données numériques en sciences humaines et sociales.
La prise en main de la plate-forme permettra ainsi de découvrir des fonctionnalités originales pour la mise en ligne de données historiques :
- Publication de contenus,
- Géolocalisation de documents iconographiques,
- Géoréférencement automatique de plans,
- Géolocalisation automatique d’un texte à partir d’un web-service toponymique, en partie constitué sur la base d’un gazetteer contributif local,
- Requête spatiale et temporelle via le moteur de recherche,
- Juxtaposition et double visualisation des plans.
GEOTOPIA mobilise des modules utilisés au sein de logiciels SIG comme GDAL/OGR, PROJ4, GeoConcept. En outre, le SW GEOSTREAM invoqué par la plateforme fait appel au SIG PostGis.

Texte disponibleTexte disponible15h30-16h00 : P-GHASE : Projet Géo-Historique sur l’Aménagement de Saint-Etienne par Nicolas Charbonnier, Ville de Saint-Etienne

Le « Projet Géo-Historique sur l’Aménagement de Saint-Etienne » (P-GHASE) est un Système d’Information Géographique et Historique réalisé de manière transversale par plusieurs Directions de la Ville de Saint Etienne, en collaboration avec le laboratoire de recherche CRENAM de l’Université Jean-Monnet de Saint-Etienne.
P-GHASE propose des informations historiques (fin XVIII°-XXI°) géoréférencées sur l’évolution urbaine de la ville de Saint-Etienne et des thématiques « annuelles » (2009 : année de l’eau).
Les outils proposés permettent de visualiser les informations historiques de manière interactive (transparence des fonds de plans historiques, double visualisation, liens géoréférencés vers des iconographies : fiches ou site internet des Archives Municipales).
Cet outil permet de « voyager dans le temps » pour lire et comprendre les évolutions urbaines de la ville au fil des siècles et répond aux objectifs opérationnels, pédagogiques et/ou scientifiques des utilisateurs.

16h00-17h00 : Pause

17h00-17h30 : GenGHIS : Un outil informatique pour la génération de Systèmes d’Information Historique Spatio-temporelle, par Paule-Annick Davoine, Laboratoire d’Informatique de Grenoble, équipe STEAMER

Les données historiques permettent de révéler des caractéristiques spatiales, temporelles et phénoménologiques d’évènements qui se sont déroulés dans le passé. Ces données sont donc caractérisées par un référencement temporel (date, période, durée …), spatial (celui-ci peut être plus ou moins précis, voire évolutif), et documentaire se présentant sous la forme d’images, de textes, de photos, de vidéos, de cartes …. Ces sources documentaires permettent de renseigner la donnée dans son contexte historique. Dès lors que l’on manipule des données historiques territorialisées et quels que soient les objectifs fixés, il est important de pouvoir parcourir aisément l’ensemble des données collectées, au moyen de requêtes temporelles (données relatives à une période ou à une date), spatiales (données relatives à une zone géographique plus ou moins précise et évolutive), et thématiques (attributs ou mots-clefs) ou bibliographiques (auteur, source documentaire).
Pour répondre à ces besoins et aux problèmes posés par l’intégration des données historiques dans les SIG (notamment ceux liés à l’hétérogénéité et à l’incomplétude des données), l’équipe STEAMER du Laboratoire d’Informatique de Grenoble a développé GenGHIS (pour Generator of Geographic and Historical Information Systems),  un environnement informatique permettant la conception, la réalisation et le déploiement de Systèmes d’Information Historique et Spatio-Temporelle (SIHST). Lors de l’utilisation d’un SIHST généré, l’originalité de GenGHIS  réside dans la manière visuelle de formuler des requêtes (spatiales, temporelles, thématiques), et de consulter les résultats à travers plusieurs fenêtres, toutes interconnectées au sens où une action opérée sur l’une est répercutée sur les autres, et représentant chacune un des trois types – temporel, spatial, documentaire – de dimension de l’information.
En amont de la génération, c’est-à-dire lors de la conception, GenGHIS assiste l’utilisateur dans toutes les étapes de construction d’un SIHST : la modélisation et l’instanciation des données, la conception et la création d’une interface de géo-visualisation multidimensionnelle adaptée aux caractéristiques des données.
En aval de la génération, c’est-à-dire lors de l’utilisation du SIHST généré, l’interface générée par GenGHIS permet :
- La visualisation de données matricielles et vectorielles en lien avec leur contexte spatial, temporelle et informationnelle ;
- La production de cartes interactives et multimédias ;
- L’interrogation des données via des requêtes visuelles spatiales, temporelles ou informationnelles.
GenGHIS a été utilisé dans différents contextes, gérant des données historiques sur des risques naturels divers (avalanches, glissements de terrain, inondations…).

17h30-18h00 : L’apport des données patrimoniales aux projections d’aménagement réalisées par le CG59 par Jérôme Vandeville, Conseil Général du Nord - Attention : Intervention annulée

Le Conseil général du Nord constitue un patrimoine historique numérique de photographies aériennes. La réalisation de cette couverture de mosaïques photos ortho rectifiées, superposables au référentiel à grande échelle, facilite l’aménagement et le développement durable au sein de la collectivité. Les aménageurs ont besoin de faire le point sur les évolutions de leurs territoires et de modéliser les pistes de développements. La présentation pourrait donc être axée sur l’apport des données patrimoniales d’un SIG aux projections d’aménagement réalisées par une collectivité. Les territoires, tel que le département du Nord, ne sont pas des espaces figés. Ils sont en perpétuelle évolution et sont notamment impactés par le développement des voies de communication, la reconversion de sites industriels et miniers, l’extension de l’urbanisation ou la mutation de l’agriculture. Ces mutations régulières se sont accélérées à partir de la seconde moitié du vingtième siècle, et plus encore dès 1960 (mine, industrie, réforme de la PAC,…). Ces changements induisent différentes problématiques telles que la modification de l’organisation spatiale des territoires, la gestion et l’aménagement des sols (étalement urbain), la connaissance et la mémoire des activités passées (reconversion des sites industriels et miniers) ou la protection de l’environnement (évolution du couvert forestier, des zones humides, du tracé des cours d’eau….).
Disposer d’un outil permettant de retracer ces évolutions dans le temps c’est également se doter d’un outil de prospective et se donner les moyens de préparer le futur en réorientant au besoin centaines politiques ou en intensifiant nos actions dans tel ou tel domaine.
L’analyse de l’évolution de l’occupation des sols permet de mettre en évidence les grands phénomènes de transformation des territoires.
L’un des grands champs d’application concerne par exemple l’observation du phénomène de périurbanisation qui se traduit de manière différenciée selon les territoires. L’analyse de ce phénomène permettrait de définir aux dépens de quels espaces il s’est opéré.

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